Processus créatif

À travers ma série Faune Végétale, je vais vous expliquer comment je créé mes photographies.

Etape 1 : Je trouve d’abord le concept de ma série : en l’occurrence, pour ma série Faune Végétale, photographier un élément de la flore à la manière d'animaux (faune).

Etape 2 : Puis, pour chaque photo qui composera ma série, je cherche un élément de la flore susceptible d’incarner un animal. C’est un travail de réflexion par analogie, de mémoire et de recherche (observation de la flore et consultation d’images de la flore). Peu à peu, je dresse une liste de ce type :

  • Radis noir => rat ?

  • Coloquintes => canard ? cygne ? oie ? albatros ?

  • Fleur arum = > béluga ? dauphin ?

  • Fleur Anthurium => perroquet à houppette ? toucan ?

  • Feuille de nénuphar => crapaud ? serpent ? lézard ?

Etape 3 : Ensuite, je dois faire un très long travail de recherche : dans la nature (parcs, jardins, bois…), sur les étals (de magasins, de marché…), etc.

Etape 4 : Pour finir, je cherche comment photographier mon sujet réel pour faire apparaître mon sujet imaginaire. Oui, "faire apparaître" car mes photos résultent d'une mise en scène du réel : schéma d’éclairage, décor et accessoire éventuel, filtre(s) d'objectif, objectif spécifique, etc. La mise en scène varie parfois radicalement d'une photo ou d'une série à l'autre.

Etape 5 : C’est la séance photo. Le moment qui me permet de savoir si mon idée fonctionne ou pas. Parfois, quelques photos suffisent. Mais souvent je dois expérimenter avec une précision remarquable : trouver le bon angle de vue, le bon cadrage, la bonne profondeur de champ et, bien sûr, affiner l’éclairage (orientation, intensité, diffusion, couleur). Il suffit souvent d’un rien pour que ça fonctionne ou pas.

 

Bien sûr, je dois faire les étapes 2 à 5 pour chacune des photos qui composent ma série. Les étapes 2 et 3 sont souvent longues. Par exemple, concernant l’étape 3, il m’a fallu des années pour trouver une feuille de nénuphar qui ressemble à un lézard ; et, avant de trouver un pétale d’arum ayant la forme voulue, j’ai dû en examiner une bonne centaine en trois ans. Quant à l’étape 2, elle suppose de pouvoir enrichir son imaginaire lorsque celui-ci bloque. Je le fais en observant beaucoup : je sais que plus j’observe des choses différentes, plus j'offre à mon imaginaire la possibilité de projeter une forme animale sur cette flore observée.