ENTRE  VOYEURS, série photo, 2006.

Dans cette série de photos, le voyeur est toujours absent de l'image. Pourtant, sa présence est toujours quelque peu palpable : nous, spectateurs, sommes en position de voyeur. Il s'agit autant d'une provocation par amusement que d'observer les voyeurs que nous sommes tous.

ENTRE VOYEURS, triptyque photo, 2006.

Ce triptyque joue de l'ambiguïté pour parler du voyeurisme. Dans un jeu de miroir, à la fois agréable et dérangeant, nous observons celui qui nous observe, à travers un interstice. Agréable, car ces animaux sont beaux. Dérangeant, car il s'agit de prisonniers (barreaux, enclos de rondins, burqa). L'air de rien, nous sommes dans la position du complaisant : celui qui tolère l’inacceptable sans s'en rendre compte ni en mesurer les conséquences.

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Titre : L'éléphant fantôme

Triptyque : Entre voyeurs

Année : 2006

Dimensions  : 30 x 90 à 60 x 180 cm

Technique : triptyque, photo 1 sur 3.

Tirage limité à 20 exemplaires.

Cette photo présente un éléphant à la manière d'un être psychologiquement éteint. Cette photo parle de la duplicité de notre voyeurisme ordinaire, et de son coût. Ici, un éléphant est montré à travers les barreaux qui le séparent du spectateur. Cette présentation est chaleureuse et belle alors que l'animal semble psychiquement éteint et qu'il semble commencer à s'effacer, comme s'il allait disparaître visuellement. J'ai fait cette photo lors d'une visite dans un zoo. L'éléphant se balançait dans un mouvement étrange qui m'a profondément rappelé les gestes purement mécaniques d'une femme psychologiquement éteinte suite au choc traumatique du suicide de sa fille.

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Titre : Chat burqa

Triptyque : Entre voyeurs

Année : 2006

Dimensions  : 30 x 90 à 60 x 180 cm

Technique : triptyque, photo 2 sur 3.

Tirage limité à 20 exemplaires.

J’ai photographié ce chat de sorte à créer une analogie avec une femme vêtue d’une burqa : le duvet blanc renvoie à la burqa ; la robe blanche et noire du chat rappelle le khôl que les femmes portent en Orient. Cette photo révèle avec humour et provocation que la burqa est un objet ambigu : à la manière d’un voyeur observant à travers une fente, elle permet de voir sans être identifié. Ici, cette fausse burqa focalise l’attention sur le regard, transformant ce vêtement-couverture en un “instrument” pour épier. Le regard intense et en direction latérale suggère que ce chat observe quelque chose qui l’intéresse. On imagine aisément les émotions qui l’animent : entre plaisir d’épier et appréhension d’être surpris en train d’épier.

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Titre : Triste regard

Triptyque : Entre voyeurs

Année : 2006

Dimensions  : 30 x 90 à 60 x 180 cm

Technique : triptyque, photo 3 sur 3.

Tirage limité à 20 exemplaires.

Entre deux poteaux, un faible espace nous permet de voir un zèbre. De larges poteaux en bois vermoulu servent d'enclos à son espace de vie. Limite entre le privé et le public, cet enclos ressemble ici à deux "lourdes" masses qui focalisent l'attention sur l'oeil de ce zèbre. Notre tendance à l’anthropomorphisme nous fait voir dans cet œil de la tristesse, nous renvoyant après coup au prix du voyeurisme : le plaisir des uns (le nôtre) fait la tristesse des autres (le zèbre mais aussi possiblement un être humain car on pourrait y voir une personne grimée).

 

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