FAUNE VÉGÉTALE, série photo, intiée en 2011.
Faune végétale fait surgir l’animal du végétal, donne à voir une symbiose superbe, irréaliste et pourtant réellement photographiée.
Je détourne un sujet issu du réel, en l'occurrence de la flore (légumes, feuilles, pétales, sépales, bourgeon, tige...), pour en montrer un autre issu de l’imaginaire, en l'occurrence de la faune (béluga, araignée, canard, lézard, oie, serpent, albatros, crocodile, cygne...). Au sein d’une même forme, l’imaginaire se superpose au réel, créant ainsi une double lecture de la photographie et révélant un pont entre l'animal et le végétal.
Je procède par suppositions : avec une poire Abate, je peux faire un dauphin ou un oiseau ? Avec un bourgeon de tulipe perroquet, je peux faire un crocodile ou un poisson ?
Puis, je pars à la recherche de mon sujet, un peu partout. Comme toujours, je suis en quête de la rareté qui pourra incarner mon sujet : Il ne s’agit pas d’une simple coloquinte, d'un simple nénuphar, d’un simple arum… Ce sont des éléments exceptionnels du monde végétal : des éléments qui suscitent la paréidolie, qui recèlent une ambivalence visuelle.
Ensuite, c'est la préparation du shooting : je réfléchis à la mise en scène et je fais des achats pour réaliser cette mise en scène. Quand le moment du shooting est venu, j'expérimente beaucoup, parfois même énormément pour ne sélectionner qu'un à trois clichés. Pour finir, lorsqu'il est impossible de faire autrement, j’emploie Photoshop pour réduire la saturation des couleurs, retirer des parasites visuels (tâches sur le sujet)... mais jamais pour dénaturer mon sujet.
Je choisis des sujets ambivalents. Puis, je les détourne. Je joue de l'ambiguïté, de la suggestion, du paradoxe et de l’esthétique pour ouvrir un espace d’interprétation. Je crée un espace où le spectateur oscille entre : flore/faune, reconnaissance/doute, réel/imaginaire, observation/projection ; et parfois entre photo et peinture. En créant des images qui ne sont pas immédiatement explicites, j'incite le spectateur à ralentir pour prendre le temps de contempler. En choisissant la suggestion plutôt que la narration, je guide l'imaginaire du spectateur sans le brider.
Comme à l'accoutumée, j’emploie des techniques qui magnifient le réel et centrent l'attention sur le sujet imaginaire : installation d’un décor, jeux d’éclairage, cadrage serré, balance des blancs faussée sur l'appareil photo, rotation de l'appareil photo à 45, 90 ou 180 degrés, objectif macro, maquillage...
Photos sous droit d'auteur : diffusion interdite sauf autorisation de l'artiste à thouvenincorinne@yahoo.fr

Titre : Oiseau au crépuscule
Série : Faune végétale
Année : 2025
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophoto, focus stacking
Tirage : limité à 20 exemplaires
Une poire Abate est choisie, détournée, maquillée, mise en scène (lumières colorées, décor) et photographiée de manière à ressembler à un oiseau.
Je suis partie d’un sujet réel (un fruit), pour incarner un sujet imaginaire (un animal) dans un lieu fictif.
La scène semble se dérouler devant une mare d’eau, au début du crépuscule, la Lune éclairant l'eau et les lucioles flottant dans l'air. Cet oiseau fictif est mouillé, comme s'il s'était ébroué dans cette mare. Une goutte d'eau perle sur le coin de son œil. Il s'ensuit une ambiguïté : est-il triste, ému ou simplement mouillé ?
Notez que j'ai cadré cette scène de manière à souligner un indice du réel (une plaie sur la poire).

Titre : Dauphin dans les abysses
Série : Faune végétale
Année : 2025
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Je détourne un élément de la flore (une poire) afin de figurer un élément de la faune (un dauphin). Comme toujours, je suis en quête de la rareté capable d'incarner mon idée : ici une poire Abate que j'ai longuement recherchée pour sa ressemblance avec le buste d'un dauphin.
Pour donner plus de présence à mon idée, j'ai réalisé un travail de mise en scène, comme au cinéma : maquillage, éclairage (lumières bleues et blanches), décor, cadrage. Puis, pour accentuer la transfiguration du réel, j'ai choisi de photographier cette poire avec un objectif macro. Ainsi, le flou intense a permis de rendre le décor méconnaissable et de faire ressortir mon sujet.
Bref, j'ai photographié mon imaginaire, à partir d'éléments du réel, détournés, mis en scène et pour finir photographiés.

Titre : Foulque macroule sur un lac gelé
Série : Faune végétale
Année : 2025
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage : limité à 20 exemplaires
Une poire Abate est choisie, détournée, maquillée, mise en scène et photographiée de manière à ressembler à un oiseau posé sur un lac gelé, par une nuit d'hiver.

Titre : Animal émergeant d’un pré
Série : Faune végétale
Année : 2023
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une banane plantain est mise en scène, puis photographiée de manière à incarner un cygne observant quelque chose qui l’a intrigué, par-dessus les hautes herbes et fleurs.
Que/qui regarde-t-il ? Pourquoi est-il au milieu de ce pré ?

Titre : Taupe au sortir de l'hiver
Série : Faune végétale
Année : 2025
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une poire est mise en scène, puis photographiée de manière à incarner une taupe, sortant de son terrier (d'où la terre et la neige retournés) pour voir si l'hiver se termine (d'où les fleurs perçant la neige ; le manteau neigeux au premier plan ; et les flocons de neige en arrière-plan).

Titre : Canard balafré
Série : Faune végétale
Année : 2023
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une banane plantain est mise en scène, puis photographiée de manière à incarner un canard avec des cicatrices.
Que/qui regarde-t-il ? Pourquoi est-il au milieu de ce pré ?

Titre : Oiseau échassier
Série : Faune végétale
Année : 2021
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Un bourgeon, une tige et une feuille d'une même tulipe Perroquet noire sont détournés, assemblés, mis en scène et photographiés de manière à ressembler à un échassier (un oiseau à long cou).
Ce qui m'intéresse ce n'est pas cette fleur, c'est sa capacité de métamorphose en cet oiseau imaginaire, beau et élégant ; c'est l'appropriation du réel par l'imaginaire du regardeur, le mien et celui de chacun ; c'est ce rapprochement par le regard entre deux choses, l'animal et le végétal, qui semblent aux antipodes.

Titre : Couple d'oies
Série : Faune végétale
Année : 2018
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Des coloquintes (légumes) sont photographiées de manière à évoquer une interaction entre deux oiseaux, dont un possède une silhouette semblable à celle d'une oie.
La mise en scène accentue cette similitude entre oiseaux et légumes : placement des coloquintes suggérant une interaction animale (l'un interpelle l'autre ; l'autre fait mine de l'ignorer), fond bleu renvoyant à l’eau (habitat naturel de ce gibier d'eau) ; cadrage évacuant les formes dissemblables à celles d'une oie.

Titre : Le lézard et le filet
Série : Faune végétale
Année : 2012
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une feuille de nénuphar, dans sa chrysalide, est choisie pour sa ressemblance avec un lézard et une grenouille.
L’œil est le fruit d’une illusion d’optique : un ver a rongé la feuille de manière circulaire. Il en résulte un trou et un cerne jaune là où la feuille se meurt.
On peut aussi y voir un animal pris dans un filet.

Titre : Cormoran malade, à la dérive.
Série : Faune végétale
Année : 2022
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une coloquinte vérolée ressemble vaguement à un grand cormoran, dérivant sur une mer un peu agitée. J’ai cultivé les ambivalences et les paradoxes afin de stimuler notre imaginaire, de nous interroger : _ Pourquoi cet oiseau dérive-t-il ? A l’ordinaire, un oiseau vole. Il ne dérive pas. Est-il dans l’incapacité de voler (malade d’où les difformités ? blessé ?) ou refuse-t-il d’abandonner sa couvée ? _ Le nid a-t-il été emporté par le vent ? Une vague a-t-elle submergé la côte et emporté le nid ? _ Est-ce la fin de la tempête ou le tout début ? Est-ce un drame ou une embellie qui se profile ? _ Le nid et l’oiseau ont-ils été emportés ensemble par la tempête ? Au contraire, cet oiseau aurait-il trouvé ce nid, flottant tel un radeau en pleine mer ? _ Pourquoi est-il difforme ? Serait-il malade ? mourant ? _ Ces choses blanches dans le ciel, est-ce de la neige, de la cendre, un phénomène lumineux ?

Titre : Crocodile
Série : Faune végétale
Année : 2021
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Un bourgeon de tulipe est choisi, mis en scène et photographié de manière à ressembler à un crocodile.
J’ai choisi cette tulipe perroquet noire car ses sépales dentelés ressemblent à la denture d’un carnivore. Cette tulipe est verte car à l’état de bourgeon. Elle commence à s’ouvrir, faisant apparaître les bords frangés de ses sépales mauves.

Titre : Grand cormoran malade.
Série : Faune végétale
Année : 2018
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
J'ai choisi une coloquinte difforme, tachetée et vérolée pour évoquer un cormoran malade. J'ai choisi un quasi noir et blanc afin de focaliser le regard sur les boutons et sur sa silhouette rabougrie ; mais aussi pour qu'il semble moins vivant.
![Béluga [fleur arum].jpg](https://static.wixstatic.com/media/4e4ef5_e75eb15700e04a75b448cd2c64b2c2e6~mv2.jpg/v1/fill/w_425,h_630,al_c,q_90,usm_0.66_1.00_0.01,enc_avif,quality_auto/B%C3%A9luga%20%5Bfleur%20arum%5D.jpg)
Titre : Béluga (dauphin-baleine)
Série : Faune végétale
Année : 2016
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
J'ai photographié un arum (une fleur) de sorte à évoquer le visage (de profil) d'un béluga.
J'ai choisi un arum pour deux raisons : son pétale épais et discrètement ridé me rappelle la peau d'un dauphin ; son pistil jaune, saillant et logé dans un creux est propre à évoquer un œil.
D'abord, j'ai longuement recherché un arum possédant une difformité susceptible de ressembler au melon d'un béluga (à son front large et bombé).
Puis, comme à l'accoutumée, j'ai incarné mon idée grâce à la mise en scène et à la technique photographique : balance des blancs bleue pour évoquer l'eau ; arrière-plan obscur pour évoquer la profondeur marine ; cadrage serré pour exclure les éléments du réel sans intérêt ; vue frontale pour faire apparaître le profil du béluga ; éclairage latéral et zone de netteté faible pour souligner les formes propres à évoquer ce cétacé.

Titre : Grand oiseau nichant
Série : Faune végétale
Année : 2018
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une coloquinte (un légume) est choisie, mise en scène et photographiée de sorte à incarner un grand oiseau à long cou, en train de couver.
La silhouette de ce légume évoque un cygne : grand cou, bec, œil, pose, élégance. Le fond rose oriente l'imaginaire vers un flamant rose. La pelote de fil renvoie au nid d’une foulque. Le jeu de lumières esquisse le contour d'un œil et ajoute à la beauté de cet oiseau imaginaire.

Titre : Poisson préhistorique
Série : Faune végétale
Année : 2022
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Un bourgeon de tulipe est photographié de manière à ressembler à un petit poisson préhistorique, bondissant au-dessus de l'eau.
J'ai conservé la tige et la feuille afin que cette plante reste reconaissable et afin de multiplier les interprétations (narval...)
Pour souligner l'ambivalence de mon sujet, j'ai choisi de montrer d'une part des éléments qui renvoient à la tulipe (bourgeon, tige, feuille) ; et d'autres part des éléments qui revoient à mon sujet imaginaire (dessin d'un oeil avec mon ongle, composition oblique pour traduire le bond, toile bleue avec surimpression de 2 photos de ciels pour évoquer l'eau).

Titre : Cormoran dans la fournaise
Série : Faune végétale
Année : 2022
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une coloquinte est mise en scène et photographiée de manière à évoquer à un cormoran couvant, entouré par les flammes et la cendre, et couvert de cloques.
![Oie [coloquinte].jpg](https://static.wixstatic.com/media/4e4ef5_ee0e8fecc2344b58a6dc0a34faa86533~mv2.jpg/v1/fill/w_650,h_440,al_c,q_90,usm_0.66_1.00_0.01,enc_avif,quality_auto/Oie%20%5Bcoloquinte%5D.jpg)
Titre : Oie
Série : Faune végétale
Année : 2018
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une coloquinte est choisie, mise en scène et photographiée de manière à évoquer une oie de profil, observant quelque chose en hauteur, devant une petite chute d'eau.

Titre : Dauphin scrutant les coraux
Série : Faune végétale
Année : 2023
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une banane plantain est mise en scène, puis photographiée de manière à incarner un dauphin scrutant les coraux, à la recherche d'un crabe. C'est une pratique existante chez les dauphins. Les crabes font partie de leur alimentation.

Titre : Serpent rampant
Série : Faune végétale
Année : 2021
Dimensions : 20 x 30 à 60 x 90 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une tulipe perroquet est choisie, mise en scène et photographiée de sorte à incarner un serpent, en train de ramper.
L’arrivée du serpent est suggérée par sa posture, par sa direction (composition oblique de haut en bas), par le flou et par le motif du tissu (traits et rythme).

Titre : Araignée explorant
Série : Faune végétale
Année : 2021
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : macrophotographie
Tirage limité à 20 exemplaire
Je détourne un spécimen de la flore (une tulipe rouge à coeur jaune) afin de figurer un spécimen de la faune (une mygale). Je suis en quête de la rareté capable d'incarner cette idée et capable de montrer que l’imaginaire est là, présent dans le réel. Je joue de la technique afin de montrer qu’en certaines circonstances, réel et imaginaire sont intriqués. Je me sers de la technique pour atténuer la lisilité de cette araignée et souligner les similitudes entre les étamines de cette tulipe et les pattes de cette grosse araignée.
J'ai conservé le gros pistil central car j'y vois quelque chose qui écrase cette araignée.

Titre : Avocette spatulée.
Série : Faune végétale
Année : 2011
Dimensions : 20 x 30 à 50 x 75 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
Une coloquinte est choisie, mise en scène et présentée de sorte à incarner un hybride entre deux oiseaux : l'avocette et la spatule.
Le fond est à l'image de la dualité de mon sujet : les herbes hautes renvoient à la végétation où ces oiseaux nichent ; le potiron rappelle que ce simulacre d'oiseau est d'abord un légume.

Titre : Perroquet explorant
Série : Faune végétale
Année : 2022
Dimensions : 20 x 30 à 100 x 150 cm
Technique : photographie
Tirage limité à 20 exemplaires
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